Les voitures sans permis, un paradoxe de la sécurité routière

3 février 2019 0 Par VSP

Dans une période où les accidents et victimes de la route n’ont jamais été aussi faibles, le marché des voitures sans permis (VSP), lui, progresse.

S’il parait déjà étonnant de minimiser la capacité d’une voiture montant parfois à 60km/h, le nouveau positionnement des constructeurs et la réévaluation de l’âge d’accès à la conduite des VSP créent un revers de médaille :

accidents
récidives
faits improbables


L’évolution du positionnement des constructeurs

Avant 2000, c’était le 3ème âge urbain qui achetait des voitures sans permis. Cependant, le marché ne décollait pas vraiment.

Désormais, 90% des clients sont des individus ayant perdu leur permis de conduire. Il ne semblait pas obligatoire de dépasser les 60km/h pour faire partie des faits divers concernant les accidents de la route :

voiture sans permis part en tonneaux
un tgv écrase une voiture sans permis
il percute une voiture en stationnement…

Il faut croire que ce compromis sur la vitesse est l’une des meilleures alternatives pour se déplacer. La Caradisiac sans permis, ou encore la Chatenet CH26 laissent de plus la possibilité d’accéder à une certaine gamme ne les dépaysant pas des voitures classiques.

Cela dit, elles passent inaperçues et inoffensives dans le paysage urbain, gardant l’image ridicule de pots de yaourt n’avançant pas plus qu’un vélo en descente. Mais à l’impact, elles gardent tout le potentiel de 600kg sur 4 roues à la vitesse d’un buffle.

Lorsque l’on s’aperçoit que 40% des conducteurs sans permis ayant un accident étaient en état d’ébriété contre 6% chez les conducteurs avec permis, il y a beaucoup à faire en matière de communication institutionnelle cette année.

Hors achat d’espace, le budget s’élevait à 15 millions d’euros en 2014 concernant la sécurité routière. Jamais vu quoique ce soit concernant la problématique des voitures sans permis. Les communicants devront sûrement s’attarder sur le sujet très prochainement au vu de la répétition des gros titres.

La réévaluation de l’âge d’accès à la conduite des quadricycles légers à moteur

14 ans , plus tôt que pour acheter des clopes , ça parait fort que d’avoir la possibilité de rouler dans une ville regroupant 10 millions d’habitants dans sa périphérie avec un véhicule de 350kg pour une pointe de 45km/h.

Dans mes souvenirs, à 14 ans, la playstation 2 – ou autres – donnait la preuve de mes piètres talents de conducteur, ou illusoires tout du moins. Lorsque les critiques vont dans le sens de la frontière entre notre logique politique et celle des Etats-Unis dite irresponsable, il parait y avoir un paradoxe avec cette réévaluation.

Enfin, ceci « n’établit pas de disposition particulière pour les quadricycles légers », ce qui explique sûrement le quiproquo.

Lorsqu’on sait que débridées, certaines des VSP atteignent 80km/h – ce qui se rapproche plus de la twingo que du vélo – cette évolution de la législation du permis de conduire arrive vraiment comme un cheveu sur la soupe.

Les VSP, un savoir-faire français

95% des parts de marché sont françaises sur le marché des voitures sans permis. Constat prometteur pour le savoir-faire national qui s’enorgueillie de tous ses poulains. Le marché reste jeune, mais, le prix d’un modèle dépassant rapidement 10000 €, son potentiel est indéniable. Le marché s’élevait en 2011 entre 96 et 98 millions d’euros et connait depuis une légère baisse.

Ce contexte permet raisonnablement de croire que l’état est un peu plus tolérant pour sa législation que celle des voitures avec permis, dont le laxisme croît au profit de l’évolution d’un marché qui peine vraisemblablement à décoller de façon palpable, et dont la chute serait déstabilisante pour notre politique made in France.