La voiture sans permis ou la conduite pour tous?

3 février 2019 0 Par VSP

Depuis ces dernières années, la voiture sans permis a connu un succès considérable.

Un moyen de transport accessible qui n’est pas sans risques

En réaction à la saturation du parc automobile et à la pollution croissante de nos grandes villes, les transports alternatifs et les automobiles low-cost sont particulièrement en vogue depuis les années 2000.

Et si la voiture électrique et les biocarburants ont un temps été sous les feux des projecteurs des médias, un petit nouveau pointe le museau : le véhicule sans permis.

Les sites de location de voiture brossent un portrait très positif de ces drôles d’engins, longtemps utilisés par un public composé en majorité de personnes âgées ; les concessionnaires les présentent comme une alternative idéale aux moyens de transports classiques.

L’on dit du véhicule sans permis qu’il est :

pratique
démocratique
écologique

Il ferait le bonheur de tous ceux qui souhaitent éviter les encombrements du système métropolitain sans avoir les moyens ou le temps de passer le code.

Il est vrai que ces petites voitures présentent de nombreux avantages et sont particulièrement adaptées au milieu urbain. De dimension réduite, elles sont par conséquent très maniables et faciles à parquer.

Mais dans les faits ces dernières sont surtout utilisées par les conducteurs s’étant fait retirer leur permis, dont le nombre va d’ailleurs toujours croissant avec la multiplication des radars. Quoique la voiturette ait aussi du succès auprès des jeunes.

Les parents apprécieraient tout particulièrement le sentiment de sécurité que procure ce type de véhicule. Leur vitesse est effectivement limitée à 45 km à l’heure. Et circuler en voiturette sur les grands axes comme les autoroutes ou les périphériques est proscrit.

Conduire une voiturette parait alors bien inoffensif en comparaison des scooters jugés bien plus dangereux. Néanmoins, le risque zéro n’existe évidemment pas et un journal local a récemment relaté un accident d’un conducteur de voiture sans permis à Haillicourt ; ce dernier est sorti de la route, parti en tonneaux et a fauché trois coffrés de gaz et d’électricité, accident à la suite duquel trois maisons ont été privé de courant et d’eau chaude.

La voiture du futur?

Mais ces petits faits divers ponctuels n’entachent en rien la réputation des voiturettes. Et ce moyen de transport jusqu’alors un peu marginal est en plein essor ; l’on compte actuellement 140 000 véhicules en France.

Les 3 noms dominant le secteur français sont :

Aixam
Microcar
Ligier

Ces dernières sont des entreprises fleurissantes. Elles sont avantagées par un marché plus dynamique que celui du parc automobile classique, qui lui est en léger retrait.

Par exemple Aixam, leader dans ce domaine avec 40% des ventes françaises et européennes, produit environ 12000 véhicules par an. Le succès de ces constructeurs provient aussi du fait qu’ils ont su évoluer et s’adapter aux besoins des consommateurs. Ils ont cherché à rendre les voiturettes moins bruyantes et plus résistantes aux chocs.

Mais surtout ils ont conçu des modèles au design moderne et original qui tranche avec l’image peu esthétique que l’on a de ce type de véhicule. L’on trouve ainsi des voiturettes pour tous les goûts, des plus basiques aux plus élaborées, des plus classiques aux plus sportives.

Et malgré leur grande simplicité d’utilisation, ces véhicules comprennent de nombreuses options, allant de la climatisation, vitres électriques, freins ABS, airbags, ou encore radar de recul ou toit ouvrant…La voiturette serait-elle à la pointe de la technologie?

Dernières innovations en date, ces petits véhicules, présentés comme les amis de l’environnement, surfent sur la vague verte et la tendance actuelle du développement durable.

Ligier vient de sortir la LIGIER Be Sun, une voiture électrique pour une conduite « écolo ».

 

Un public de plus en plus large

Ce succès est aussi expliqué par le caractère démocratique des voiturettes. Conduire un véhicule sans permis n’est pas donné à tout le monde, mais la réglementation en vigueur s’est récemment assouplie: il suffit depuis décembre 2014 d’être âgé de plus de 14 ans.

La législation stipule simplement que les personnes nées après le 1 Janvier 1988 souhaitant user de véhicules légers à moteur, à savoir les voitures n’excédant pas les 5kw, doivent impérativement passer le permis AM.

Les modalités d’utilisation des voiturettes légères se rapprochent par conséquent de celles des scooters. Quant aux utilisateurs des véhicules lourds à moteurs (ce terme désigne des engins dont la puissance ne dépasse pas les 15Kw), ils doivent au moins obtenir un permis autorisant la conduite d’une motocyclette, c’est-à-dire le permis A ou B, A1 ou B1.

Enfin, une fois ces prérogatives requises remplies, il suffit de se procurer une voiture sans permis en se rendant dans un des nombreux garages proposant leur location, ou leur achat pour un coût moyen de 10 000 euros. Un prix encore prohibitif qui contredit quelque peu l’image démocratique liée à ce véhicule.